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Uptool : l’OS dopé à l’IA pour les ateliers d’usinage et de tôlerie

Uptool traite les données clients pour aider les sous-traitants PME à optimiser leur flux de chiffrage.
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Le cofondateur d’Uptool, Alex Huckstepp, nous explique les défis des ateliers de fabrication et comment son équipe compte y répondre.

Réactivité du chiffrage et dispersion des données

Parlez-nous de votre parcours et de la genèse d’Uptool.

Mon associé Benny Buller et moi avons fait carrière dans les technologies de fabrication avancée. Benny a fondé Velo3D, spécialiste de l’impression 3D métal. J’ai travaillé pour plusieurs startups en robotique et fabrication additive, comme Carbon et Machina Labs.

Il y a deux ans, nous avons analysé les besoins des petits ateliers d’usinage et de tôlerie. Beaucoup gèrent encore l’administratif — devis, stocks, qualité — sur papier ou Excel. Aucun ERP n’était adapté à leur structure. Nous avons donc créé un système d’exploitation sur mesure pour les fabricants « high-mix » à petit volume, utilisant l’IA pour une adoption immédiate.

À quoi ressemble le processus de chiffrage actuel ?

Qu’il s’agisse d’usinage CNC ou de tôlerie, le flux est similaire. Les ateliers reçoivent des e-mails contenant des fichiers CAD, des plans 2D, des nomenclatures (BOM) en PDF ou Excel, et des instructions en corps de texte.

Les 10 premières minutes servent uniquement à télécharger, organiser et charger les données dans des visionneuses pour comprendre le besoin client et vérifier l’absence de contradictions. C’est un travail de précision indispensable avant même de commencer l’estimation.

C’est une tâche lourde. Pourtant, la vitesse de réponse est cruciale pour remporter l’affaire ?

C’est le facteur numéro un. Pour du prototypage ou de la production rapide, le client choisit souvent le premier devis raisonnable qu’il reçoit. Si vous chiffrez plus vite, votre taux de conversion augmente. C’est mathématique.

Chiffrage 10x plus rapide via e-mail

Comment fonctionne le processus avec Uptool ?

Tout commence par l’intégration de la messagerie. Notre IA identifie les appels d’offres (RFQ) et les importe. Sur un e-mail de 50 fichiers, l’utilisateur visualise instantanément les 12 pièces demandées. Nous associons les fichiers CAO aux plans PDF et extrayons les références, indices de révision, quantités, matériaux et finitions.

Ensuite, nous automatisons l’estimation des coûts matières et de sous-traitance. En tôlerie, le calcul pour la découpe laser, jet d’eau et le pliage est quasi intégral. Pour les assemblages, nous extrayons la hiérarchie de la nomenclature, identifions les composants et dédoublons les données.

Quelle est la part d’intervention humaine ?

L’utilisateur garde la main sur les variables critiques : temps de programmation, de réglage, temps de cycle et nombre d’opérations. Il choisit la machine, définit le délai de livraison et le prix final.

Le chiffrage est une science, mais le prix final est un art. Cela dépend de la stratégie commerciale et de la valeur ajoutée. Nous traitons les tâches prévisibles pour que l’atelier soit dix fois plus rapide, tout en gardant le contrôle sur les décisions stratégiques. Nos utilisateurs passent de 15 minutes par pièce à seulement une minute trente.

Un véritable centre de commande

Au-delà du chiffrage, que propose cet « operating system » ?

Tableau de bord centralisé Uptool

Chaque client dispose d’un centre de commande intégré à sa messagerie. Les ateliers peuvent trier et prioriser les demandes. En arrière-plan, un CRM automatique associe les RFQ aux bons contacts pour suivre les taux de réussite sans saisie manuelle.

Nous sommes intégrés à QuickBooks pour convertir les devis en commandes ou factures. Nous proposons aussi l’impression de « fiches suiveuses » (travelers). Comme le chiffrage est très détaillé, ces données servent directement d’instructions de fabrication en atelier.

Pouvez-vous préciser cette fonction d’instructions ?

Oui, les utilisateurs impriment leurs bons de travail directement depuis l’application. Grâce à notre interface rapide, ils créent une gamme opératoire complète dès la phase de devis (matière, opérations, finitions).

Fonction instructions d’Uptool

Dans les systèmes obsolètes, le chiffrage détaillé est trop lent. Avec Uptool, une fois la commande reçue, la fiche suiveuse est déjà prête pour l’atelier. Ce n’est pas encore un ERP ou MES complet, mais c’est une valeur immense pour les petites structures qui en sont dépourvues.

Le système apprend-il des devis passés ?

Lors de la configuration (environ une heure), nous paramétrons les machines, les processus internes et les taux horaires. Si un utilisateur modifie systématiquement une variable, le logiciel l’intègre pour les futures estimations. À terme, grâce à l’analyse géométrique, nous suggérerons des prix basés sur des pièces similaires déjà produites. Cette couche de « deep learning » arrive bientôt.

Données réelles et précision

Comment avez-vous obtenu les données nécessaires pour entraîner votre IA ?

Nous avons noué des partenariats de confiance dès le début. Notre prototype nous a permis d’observer le flux de travail réel de plusieurs ateliers de mécanique de précision, de l’e-mail initial au devis final. Cela nous a permis de tester le logiciel sur des milliers de plans et fichiers CAO pour garantir un produit robuste.

Chiffrer vite pour vendre plus

Vous avez quitté le mode « stealth » récemment. Combien d’ateliers vous utilisent ?

Nous avons des dizaines de clients et visons les centaines d’ici fin 2026. Notre cible idéale est l’atelier de moins de 10 salariés. C’est la majorité du marché. Personne n’avait jusqu’ici créé d’outils adaptés à leur réalité opérationnelle.

Quel est l’impact principal pour vos utilisateurs ?

Le taux de conversion. Rien n’est plus important que de remplir le carnet de commandes. Ensuite, le gain de temps est massif. Beaucoup de gérants chiffrent tard le soir ; ils n’ont pas ouvert un atelier pour faire de la saisie administrative.

Le traitement des données permet-il d’éviter les erreurs ?

Absolument. Le logiciel signale les incohérences, comme un matériau différent entre les notes du plan et le cartouche. En automatisant l’administratif, l’utilisateur a plus de temps pour analyser les détails techniques critiques du plan.

195 $ par mois, sans engagement

Quels sont vos tarifs ?

Pour un atelier de 1 ou 2 personnes, cela commence à 195 $par mois. C’est sans engagement, sans frais de mise en service, support inclus. Pour les structures plus importantes, le prix scale jusqu’à 2 000$ selon la taille de l’entreprise.

Quels formats de fichiers sont acceptés ?

Nous acceptons quasiment tout : SolidWorks, Catia, ProE, ainsi que les formats universels STEP et IGES. Pour la 2D, nous traitons les PDF (99 % des cas), mais aussi les DXF et DWG.

La vitesse comme principe directeur

Quelle est votre feuille de route ?

Le thème central reste la vitesse. Notre objectif est d’aider les ateliers à être hyper-réactifs, du chiffrage jusqu’à la livraison d’une pièce conforme et traçable.

Face à la concurrence internationale, la force d’un fournisseur local réside dans sa réactivité et sa compréhension du besoin. Les ingénieurs des secteurs de pointe (SpaceX, Tesla, fusion nucléaire) ont besoin d’itérations rapides. S’ils ne l’obtiennent pas localement, ils chercheront ailleurs. La vitesse est notre priorité.

D’autres outils d’IA vous semblent-ils intéressants dans l’industrie ?

Les entreprises qui automatisent la mise en plan font un excellent travail, comme DraftAid ou Drafter. Le « text-to-CAD » ou la simulation par IA sont prometteurs, mais semblent plus adaptés à la R&D des grands groupes. Les petits fabricants ont besoin de solutions matures et immédiatement opérationnelles.

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